Une corsetière à Paris : entretien avec Volute Corsets

Volutes corsets corset boutiqueToutes les photos proviennent du site Volute Corsets ou ont été prises par moi.
All pics from Volute Corsets‘s website or taken by me.

Si vous empruntez la rue des Gravilliers, dans le 3e arrondissement de Paris, il y a fort à parier que vous vous arrêterez devant la vitrine du numéro 80. Le magasin, à la devanture peinte en rouge, porte le nom de Volute. Pour les courbes : celles que dessinent un corset.

Vous poussez la porte et êtes accueilli par une troupe de mannequins de couture aux tenues merveilleuses. Ici, une exquise robe du 18e siècle aux manches trois-quart bouillonnées de dentelle. Là, un ensemble corset-boléro-jupe à faux cul en tissu rayé noir et argent, tout droit sorti d’un film de Burton. Ailleurs, une veste aux boutons de cuivre très steampunk. Et puis des corsets, des corsets, des corsets…

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If you take the rue des Gravilliers in Paris’ 3rd arrondissement, you’ll almost certainly stop before the window of number 80. The little red shop is called Volute. For curves : the curves a corset gives its wearer.

You push the door and are greeted by a flock of sewing mannequins, wonderfully dressed. Here, an exquisite 18th century gown with lacy elbow-length sleeves. There, a matching set of corset, bolero and bustle skirt in a black and silver striped fabric reminiscent of a Burton movie. Elsewhere, a very steampunk brass-buttoned jacket. And corsets, corsets, corsets…

volute corsets corset

Des corsets inspirés de pièces anciennes, en tissu précieux, décorés de dentelles, de broderies ou de nœuds de ruban. Des corsets délicats de jeune fille, aux imprimés tendres. Des corsets fétichistes, en cuir ou vinyle, rassemblés au fond de la boutique autour d’un costume de Petit Chaperon Rouge qui n’a plus peur du loup. Des corsets féeriques, en velours, décorés de feuilles. Des corsets de mariée. Des corsets asiatisants. Des corsets gothiques. Il y en a qui restent exposés longtemps, d’autres qui disparaissent pour laisser place à de nouveaux modèles. Tous sont là pour servir d’exemples et d’inspiration aux clients de la boutique : chaque corset Volute, en effet, est dessiné en fonction de vos désirs et réalisé sur mesure.

Caroline vous accueille à son bureau, vers le milieu de cette boutique toute en longueur. Ce petit bout de femme d’une incroyable gentillesse est la créatrice de Volute, et c’est elle que je suis venue voir cet après-midi pour lui poser quelques questions sur son métier de corsetière. Comme l’entretien est long, je l’ai découpé en plusieurs parties : ce sera votre “feuilleton” de la semaine !

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Corsets inspired by antique ones, in precious fabrics decorated with lace, embroidery, or ribbon bows. Delicate girlish corsets with pretty patterns. Fetish corsets, in leather or vinyl, assembled at the back of the shop around an outfit for a Little Red Rriding Hood who’s not afraid of the wolf anymore. Fantasy corsets in velvet, with leaves ornaments. Bridal corsets. Asian-inspired corsets. Gothic corsets. Some stay on display for a long time, other disappear, making way for other models. All are there as examples and inspiration for the customers: each Volute corset is designed according to your desires and made to measure.

Caroline welcomes you at her desk, in the middle of the long and narrow shop. This petite, incredibly friendly woman is Volute’s creator and the one I came to meet that afternoon to ask her a few questions about her work as a corsetmaker. Since the interview is so long, I’ll publish it in episodes.

Volute corsets corset boutique

Comment t’es-tu intéressée au corset ?

Dès l’adolescence, je me suis passionnée pour le costume historique, mais ce n’est que depuis six ans environ que j’ai découvert le corset. Avant ça, j’avais les mêmes préjugés que tout le monde à son sujet. C’est à travers le net que j’ai découvert le corset, avec les sites de corsetiers anglais ou américains comme par exemple www.fairygothmother.co.uk, qui présentent des créations contemporaines. Ce n’est que dans un second temps que je me suis penchée sur les corsets anciens, et que j’ai rattaché ça à mon goût pour le costume historique.

Quand je m’intéresse à un sujet, j’ai une démarche assez encyclopédique : je vais chercher à en apprendre le plus possible ! Il y a malheureusement très peu de livres sur le corset en français, les sources sont presque toutes en anglais, ce qui peut poser problème à certains.

Après m’être bien documentée, j’ai voulu avoir mon propre corset. A l’époque j’étais au chômage et je n’avais pas les moyens d’en commander un à un corsetier. Mais je viens d’une famille de couturières, où ma mère et ma grand-mère m’avaient appris à coudre, broder etc. J’avais envoyé bouler tout ça à l’adolescence (je m’intéressais au costume historique de façon uniquement théorique) mais je m’y suis remise pour me faire un corset, sur la machine à coudre que je m’étais faite offrir pour mon installation avec mon mari. J’ai une personnalité très autodidacte.

Si j’ai appris toute seule, je n’étais pas pour autant isolée : j’avais trouvé un forum de corsetières où les membres se donnent des conseils techniques, partagent leurs adresses de fournisseurs, proposent de faire des commandes de fournitures groupées, montrent les photos de leurs créations… Il y a un vrai esprit d’émulation.  J’étais une totale newbie et deux ans plus tard je me suis retrouvée en position de donner des conseils, surtout après avoir mis au point la technique de corseterie que j’utilise toujours aujourd’hui.

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How did you became interested in corsetry?

As a teenager I had a passion for historical costume, but I only discovered corsets about six years ago. Before that I had everybody’s prejudices against them. I discovered corsets thanks to the Internet, with English or American corsetmakers’ websites like www.fairygothmother.co.uk displaying contemporary creations. It’s only after that that I became interested in antique corsets and linked that to my love of historical costume.

When I’m interested in something I have an encyclopaedical approach: I try and learn everything I can! There are unfortunately very few French books about the corset so I had to read in English.

When I had learned quite a bit, I wanted to have my own corset. I didn’t have a job at the time and didn’t have the means to order one from a corsetmaker. I come however from a family where everybody can sew. My mother and grand-mother taught me to sew, embroider, etc. As a teenager I decided I wasn’t interested in that stuff anymore (my love for historical costume was purely theoretical) but now I was able to try and sew a corset myself with the brand new sewing machine I asked for when I moved in with my husband. I have a very self-educated approach to life.

Even though I learned by myself I was never alone thanks to a corsetmaker forum where members give each other advice, share their supply sources, show pictures of their creations… There’s a true emulation. In two years I went from being a total newbie to being able to give advice, especially after developing the technique I’m still using today.

A suivre… / To be continued…

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19 Responses to Une corsetière à Paris : entretien avec Volute Corsets

  1. Pingback: Où acheter un corset ? «

  2. noune says:

    Vivement la suite!

  3. Charlotte says:

    Cette robe avec ses bouillons de dentelles… J’aimerais bien trouver ça sur une silhouette moderne, mais impossible, ça fait pourtant longtemps que je cherche.
    Et hop, fairygothmother, un bookmark de plus… Je ne sais pas si je te remercie! ;)

  4. Vite vite vite la suite, par pitié ! :D
    J’adore le site de FGM, les corsets sont sublimes, et j’aime beaucoup l’ambiance dans laquelle sont prises les photos.
    Mais par pitié, donne-nous des extraits plus longs de l’interview !

  5. Noune & Anne-Elisabeth : Dès que je l’aurai traduite ! Je suis un peu maso en fait, je ne sais même pas si ça vaut la peine que je fasse l’effort, mais bon…

    Charlotte : Ca doit pouvoir se customiser, non ? Avec de la dentelle achetée au mètre et cousue à des manches trois-quart.

  6. Delilah says:

    Tu traduis tout seule? Quel courage! En tout cas, j’aime bien l’aspect “feuilleton de la semaine” ça allège, ça dévoile, ça t’amène des lecteurs fidèles xD non sérieusement, c’est une idée à creuser pour d’autres projets du genre!

    Et puis merci pour ces photos et ce début d’interview, ça a l’air prometteur et très intéressant!

  7. Eh oui ! Je n’ai pas un blog à l’audience suffisamment élevée pour pouvoir embaucher un traducteur, et les trucs automatiques sont tellement mauvais… C’est pour ça que mes billets “texte” sont parfois juste en français : flemme ou manque de temps.
    Quant au feuilleton, ç’aurait été indigeste à lire en une fois. Il y a quatre pages Word – sans la trad !

  8. Anna Bogen says:

    Moi aussi j’ adore le concept “feuilleton de la semaine” ^^ et j’ ai hate de lire la suite ;) !!

  9. Princesse Audrey says:

    Justement hier soir je surfais sur leur site et j’étais émerveillée. C’est vraiment du travail magnifique, j’admire les artisans qui ont un tel savoir-faire.

  10. Anna : Eh bien je réutiliserai l’idée du feuilleton si un sujet adéquat se présente, puisque ça vous plaît !

    Audrey : Et encore, franchement je ne trouve pas que le site rende tout à fait justice à leur travail. L’histoire de Caroline prouve aussi que si on rêve d’acquérir un savoir-faire artisanal c’est tout à fait possible… avec beaucoup de travail et un brin de monomanie, certes ! ;)

  11. Pingback: Une corsetière à Paris : entretien avec Volute Corsets (2) » Stella Polaris' New Blog

  12. Sàya says:

    J’adore Volute, j’ai eu la chance de pouvoir porter pour une séance photo le corset XVIIIème en toile de jouy crème et bleue que l’on voit en vitrine. Et c’est vrai que Caroline est très gentille. Je me lancerais bien aussi dans le corset porté au quotidien (enfin peut-être pas tous les jours, mais régulièrement) sous les vêtements…

  13. Ce corset est superbe ! Tu as eu de la chance de pouvoir le porter. Perso, le corset au quotidien je ne pourrais pas. Autant j’aime le maintien et la silhouette qu’il donne, autant j’aime, sauf occasion, me sentir libre de mes mouvements. Je porte déjà beaucoup de talons, j’aurais du mal à y ajouter le corset. Surtout en ce moment où je passe le plus clair de mon temps vautrée sur mon lit avec mon ordi :)

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