Dessins : Girls of Burlesque

Sans même laisser sécher l’encre du portrait de Lila Chupa Hoops, j’ai enchaîné sur Louiza Ventura. C’est une photo “backstage” qui m’a inspirée, pour la pose (le plus important pour moi) et parce qu’elle me fait penser aux films exotiques des années 40, avec fleurs d’hibiscus dans les longs cheveux noirs d’actrices comme la belle Dorothy Lamour. Louiza prépare justement un numéro sur ce thème, et ça devrait lui aller très bien.

Le dessin au crayon, avant l’encrage.

Et le résultat final, encre dorée comprise !

Mais je ne me suis pas arrêtée là… Il y avait une autre photo de Louiza qui m’inspirait. Pas envie de choisir, j’ai fait les deux.

 Ici, c’est vraiment la pose qui m’intéresse – et le costume en dentelle et franges – plutôt que la ressemblance du visage…

Et maintenant, à qui le tour ?…

 

Dr. Sketchy Paris : Dia de Los Muertos

Oui, je sais, j’en parle trois mois après les faits… Mais ç’aurait été dommage de faire l’impasse, quand même, puisqu’il s’agit d’une des séances que j’ai préférées cette année (avec celles consacrées à la Famille Addams et au Steampunk). Il s’agit en effet d’une des premières collaborations de Dr. Sketchy avec une artiste en particulier : Marie Meier ! Je suis une grande admiratrice de son travail depuis plusieurs années, et je possède même une de ses oeuvres.Vous jugez donc de mon excitation en apprenant qu’elle acceptait de concevoir les maquillages des modèles pour ce thème “Dia de Los Muertos”. Les très belles aquarelles-concepts sont d’ailleurs actuellement en vente dans sa boutique. Chacun des quatre maquillages fait référence à une grande figure mexicaine : la Vierge de Guadalupe (incarnée par Minnie Valentine), Moctezuma (Dyna Dagger), Zapata (Louiza Ventura), et bien sûr Frida Kahlo (Tallulah de la Rosa), si chère à Marie qu’elle s’est fait tatouer son portrait…

Ce que j’ai trouvé vraiment intéressant, c’est de voir (encore plus que d’habitude) comment les mêmes poses étaient traitées par différents artistes.

Louiza Ventura par Christian Desmares, Laurence Olga, Sophia Zède et Marie Avril…

Minnie Valentine par Magali Garnier, Marie Avril, Sandrine Bonini, Schung Lee… Photo : Xavier Pixelgamma.

Dyna Dagger par Christian Desmares, Marie Avril, et un dessinateur non identifié saisi par l’objectif de Xavier Pixelgamma. Première photo : Mireille Ampilhac.

A nouveau Louiza Ventura, sous le crayon de Mélanie Dorey et de Laurence Olga. Photos : Xavier Pixelgamma.

Et pour le plaisir… Tallulah de la Rosa par Pierre Nygren.

Les deux ans de la Glitter Fever

J’avais d’abord pensé faire un compte-rendu exhaustif de la dernière Glitter Fever, mais ça aurait été un peu long. J’ai donc préféré me concentrer sur mes trois coups de coeur de la soirée. Trois danseuses très différentes les unes des autres, qui ont un point commun : je ne les avais jamais vues sur scène jusqu’à présent…

Kiki Béguin a des airs de petit elfe aux cheveux rouges dans ses costumes de Colombine destroy aux jupons froufroutants. On pourrait lui reprocher de faire deux numéros sur des thèmes très proches (le pantin, où elle est attachée par des rubans noirs pendant d’un portique, et la poupée mécanique), sur pointes à chaque fois. Pour ma part, j’ai adoré les deux, alors !… Le premier a un côté bondage, sur une chanson des Dresden Dolls, deux choses qui font souvent mouche chez moi. Le second est « mécaniquement » très réussi, et plus malicieux. Les deux sont poétiques et étranges, avec une danse sur pointes maîtrisée, et ils sont suffisamment différents de la tout aussi excellente poupée mécanique de Sucre d’Orge. Lunaire mais jamais mièvre, gracieux et ingénieux.

C’est par un numéro d’éventails que commence Louiza Ventura. Au lieu des danses d’éventails vues et revues, elle a la bonne idée de s’en servir surtout comme accessoires de strip-tease, jouant à cacher et découvrir son corps chaque fois un peu plus dénudé. Du coup, elle se tire élégamment de cet exercice souvent périlleux, que la danseuse ait ou non l’habitude de manier ces ustensiles. Sa musique est bien choisie, son joli costume noir et or, un peu Art déco, la met en valeur. Ensuite, on la retrouve dans un numéro de burlesque classique exécuté dans les règles de l’art, avec robe longue de diva, gants, porte-jaretelles, pluie de paillettes… On sent qu’elle a du goût et qu’elle travaille ses numéros. J’aurais envie, maintenant que je sais qu’elle maîtrise bien le registre « classique », de voir passer Louiza au degré supérieur, en trouvant son « truc » à elle qui marquera le public, qui la fera se différencier pleinement d’autres danseuses aux numéros jolis et bien exécutés. Elle en a le potentiel. Fille à suivre… ?

Je ne connaissais Vivi Valentine que pour l’avoir fait poser au Dr. Sketchy hommage à Frida Kahlo. Son premier tour de piste, « Black Magic », la voit arriver en magicienne, ou peut-être en Baronne Samedi, avec haut de forme et canne au pommeau en forme de crâne lumineux. Elle est belle, elle maîtrise son numéro, elle a un joli costume, elle évite les clichés trop évidents (pas de « I Put A Spell On You »), c’est tout à fait agréable, à défaut d’être inoubliable. Un jugement que je serai amenée à réviser dans la deuxième partie du spectacle… car son deuxième numéro vaut à lui seul le déplacement. Vivi incarne une reine barbare, dans un merveilleux costume qui fait penser pêle-mêle aux danseuses balinaises, aux armures de samouraïs, à Salammbô, à l’heroic fantasy et à la danse tribale. C’est indescriptibles, il faut aller voir les photos (ici par exemple, ou ici). Flanquée de deux acolytes en tuniques légères qui l’aident à se déshabiller, elle nous offre un numéro absolument magique, parfait à tous points de vue : esthétique, originalité, sensualité. Vivi est royale, ensorcelante. Et j’ai très envie de la revoir sur scène.

Poster par la géniale Marie Meier. Photos de Gerald Chabaud.