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Photo tout à fait gratuite de Martha Hayer.

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Très bon week-end, avec toute cette lecture ! :-)
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Âge et vintage : faut-il être jeune pour porter du vieux ?

J’ai une confession à faire. Depuis quelques mois, je me constate une tendance à délaisser mes chères années 30 et à être tentée par des robes plus 60s, des minijupes, des coupes plus juvéniles en somme. Peut-être est-ce parce que j’ai l’impression d’avoir pris un petit coup de vieux, entre les lunettes portées presque au quotidien et la trentaine qui approche… Et cela m’amène à cette question : y a-t-il un moment où l’on est trop vieux pour s’habiller vintage ? Parce qu’on a beau dire, le tailleur 40s ou 50s, ça “fait dame”. Sur une fille de vingt ans, le décalage peut être charmant. Mais sur une fille de trente ans ou plus, est-ce que ça ne risque pas de lui coller dix ans de plus dans les dents ? Qu’en pensez-vous ?

En ce qui me concerne, je suis bien sûr plutôt pour le vintage à tout âge, mais pas n’importe comment. Il s’agit à mes yeux de naviguer entre deux écueils, le cheap/déguisé d’un côté (de moins en moins flatteur au fil du temps), le BCBG vieillot de l’autre (le moment où on se retrouve métamorphosée en sa propre grand-mère – et ce n’est pas un compliment).

Solution n°1 : faire attention à la qualité de la matière et de la coupe, aller vers un vintage “noble”. Tout ce qui est très typé mais de mauvaise qualité fait tout de suite beaucoup plus déguisement, et plus on vieillit plus c’est potentiellement ridicule.

Solution n°2, complémentaire de l’autre : combattre avec du sexy la mémérisation induite par certaines pièces. Un tailleur ? Uniquement s’il est parfaitement près du corps. Une jupe à mi-mollet ? A porter avec des talons aiguille s’il vous plaît. (De façon générale, talons hauts et lèvres rouges sont assez efficaces. A l’inverse, les talons bas, les foulards et sacs de bourgeoises, les cardigans trop longs et les colliers de perles ont un terrifiant pouvoir de vieillissement.)

Et voilà donc peut-être pourquoi, en ce moment, j’ai envie de montrer mes jambes en minirobes colorées et shorts ras-la-fesse. Ça, et le fait qu’il est vraiment grand temps que le printemps arrive…

Sunday Picture

Le châle brodé espagnol vu par Hermenegildo Anglada Camarasa et John Holmgren (ci-dessus), et par J.C. Leyendecker (ci-dessous). Un classique des années 20 (voir aussi sa place dans les photos sexy des showgirls de l’époque), qui a notamment inspiré Galliano pour Dior en 1998.

J’en ai une toute petite collection, que je ne désespère pas de faire grandir. Je ne sais pas ce qui me plaît le plus dans ces châles, des broderies incroyables ou des franges élaborées…

 

“Merci de vous habiller” (part. 2)

Nouvel extrait du chapitre consacré par Marjorie Hillis à la garde-robe dans son best-seller de 1937, Orchids On Your Budget – Live Smartly On What You Have. Traduction maison.

“Deuxième règle efficace : ne jamais acheter de vêtement qui soit trop manifestement destiné à une seule fonction, ou qui soit trop marqué par la mode. Dans une garde-robe modeste, chaque vêtement doit être polyvalent. Ces gais manteaux sport qui fleurent bon la bruyère sont très chics sur Lady Une-Telle, qui a huit ou dix manteaux dans sa penderie, mais pour vous et moi, mieux vaut un modèle simple, en laine, qui puisse servir pour conduire comme pour voyager, pour les jours de pluie comme pour le lèche-vitrine en ville. Vous devriez pouvoir dénicher quelques robes tout aussi simples, dont la coupe et la matière soient assez bonnes pour qu’on puisse les porter sans rougir à un thé, sans qu’elles vous donnent l’air endimanchée à midi ou devant une machine à écrire. Evitez également les vêtements voyants, séduisants les premiers mois, mais pas l’année d’après. Un frisson de satin et un cyclamen rouge incliné sur l’œil droit en guise de chapeau n’ont de charme que si vous savez que des chapeaux plus neutres attendent dans votre armoire. Et une robe de soirée façon dirndl ne reste amusante que si vous n’avez pas à la porter trop souvent.

Attention aussi aux robes de soirée en velours ou en organdi, ainsi qu’à toutes celles qui ne sont pas portables en toute saison. Elles sont peut-être ravissantes, mais ce sont des extravagances dans une garde-robe économe. Il ne devrait de toute façon pas y avoir plus d’une robe longue dans une garde-robe vraiment limitée, et il faut que cette dernière soit accompagnée d’un boléro qu’on puisse choisir de porter ou de laisser à la maison. La vie mondaine est devenue  si bavarde aujourd’hui qu’il y a vingt occasions où une robe de cocktail est plus appropriée qu’une robe longue dos nu, pour une seule qui exige cette autre option plus élégante. (La robe longue dos nu, à propos, n’a jamais été très seyante sauf pour les jeunes et belles.)

Nous ne savons pas à quel point vous voulez être frugale, mais si les vêtement sont un problème, appliquez le principe du « mi-chemin » à tout. Un chapeau qui soit entre la casquette de golf et le bibi de soirée est votre meilleur choix. (Un chapeau qui s’harmonise parfaitement avec votre manteau, bien sûr, et qui aille avec toutes vos robes.)

Cela vous semble peut-être bien terne, mais la vérité, c’est que vous pouvez être tout aussi chic dans une tenue qui n’indique pas où vous allez que dans une tenue qui le fait. Et n’imaginez pas que nous prêchions une garde-robe qui ne soit pas aussi flatteuse et élégante que possible. Les vêtements attrape-garçon ne sont pas toujours ceux qui font se retourner les passants. Vous pouvez suivre tous les préceptes de ce chapitre et rester une Glamour Girl – ce que nous espérons bien.”

A suivre…

“Merci de vous habiller”

Premier extrait du chapitre consacré par Marjorie Hillis à la garde-robe dans son best-seller de 1937, Orchids On Your Budget – Live Smartly On What You Have. Traduction personelle.

“Les règles de base pour se constituer une garde-robe chic et pas chère sont loin d’être neuves, mais elles peuvent encore servir longtemps. Il y a la tarte à la crème (dites-nous si vous ne l’avez jamais entendue) qui veut qu’on bâtisse sa garde-robe autour d’une seule couleur. Vous l’avez peut-être apprise juste après l’alphabet, mais vous avez plus de volonté que la plupart des femmes si vous ne faites jamais d’exception à cette règle. C’est incroyable, dans cette époque si éclairée, de voir le nombre de femmes qui achètent un manteau marron, comme elles avaient prévu de le faire, avant de se laisser séduire par une adorable petite robe bleu marine, et de choisir un chapeau noir parce qu’elles ne trouvent rien qui leur aille dans une autre couleur et que le noir va avec tout. (Vraiment ?) Après cela, vous pouvez soit porter vos trois achats ensemble et avoir l’air de ne rien y connaître, soit vous constituer trois nouvelles tenues complètes. Nous ne saurions quel parti vous conseiller.

S’en tenir à une couleur unique n’est pas la seule triste mesure à prendre si vous voulez vraiment être économe. Il faut que ce soit une couleur sombre, pratique, banale. Pour être plus précise, il faut que ce soit du noir, du bleu ou du marron. Oubliez les nouveaux camels « subliiimes », les violets passionnés, les rouges incendiaires. En tout cas pour vos tailleurs et vos robes. Ces petites extravagances sont réservées à celles qui ont un mari riche, par exemple, et nous espérons qu’elles les apprécient. Mais vous vous en tirerez bien mieux si vous commencez par un manteau qui ne marquera pas ceux qui vous rencontrent. Un manteau bien coupé et se laissant oublier, qui constitue une élégant toile de fond pour des coups de cœur moins onéreux.

Qui plus est, vous feriez mieux de choisir vos chapeaux et chaussures, vos sacs (ou certains d’entre eux, si vous en avez plusieurs), et la plupart de vos robes dans la même teinte ennuyeuse. Cela peut sembler monotone, mais il n’y a pas plus grande économie pour une garde-robe. Ainsi, tout va avec tout, comme vous l’avez sans doute découvert bien avant que nous n’ayons eu l’idée d’écrire ce livre. Et puis, il y a toujours les blouses, les vestes, les foulards, les ceintures, les bijoux et les mouchoirs, entre autres, pour colorer votre vie vestimentaire. Avec eux, et un peu d’ingéniosité, vous devriez arriver à être aussi gaie, ou étonnante, ou attirante que toute femme devrait l’être.”

A suivre.

Bloguer futile en temps de crise

Ce matin, j’ai passé une heure à lire des articles sur les séquestrées de Cleveland. On ne peut qu’être glacé d’horreur devant cette histoire ; j’en ai presque pleuré en apprenant que la mère d’Amanda Berry était morte avant de voir sa fille libérée. Et, comme souvent quand le “vrai monde” se rappelle avec violence à mon bon souvenir (parfois de façon dramatique avec des morts dans des attentats ou des guerres, parfois juste de façon choquante comme avec le torrent de boue homophobe contre le mariage pour tous), je me demande comment publier quelque chose qui ne parle pas de ça.

Comment peut-on parler esthétique et DIY dans ce contexte ?… Sert-il cependant à quelque chose d’ajouter la simple expression de son indignation au concert général ? Je ne sais pas. Je me sens mal à l’aise de me taire, et de perpétuer ainsi l’image de la blogueuse-autruche, dans son univers douillet où les chaussures de luxe voisinent avec les chats mignons – mais en même temps, je ne me sens pas la légitimité ni les connaissances nécessaires pour apporter de façon valable un avis constructif. Je ne me sens pas non plus la fibre de me transformer en commentatrice de l’actualité. Et en même temps, même si j’essaye que certains de mes billets dépassent le “oooh shiny!” et donnent matière à réflexion, mon blog m’apparaît soudain bien vain…

Qu’en pensez-vous ? Peut-on (doit-on) allier sujets sérieux et futiles ? Ou vaut-il mieux se cantonner à sa “ligne éditoriale”, quitte à ignorer tout ce qui s’en éloigne, quelle qu’en soit la gravité ?

Faut-il être riche pour bien s’habiller ?


Photo : Lillian Roth

Il y a longtemps que je ne prends plus en photo ma “tenue du jour” sur ce blog. Même à l’époque où je le faisais, j’ai rapidement arrêté de donner la provenance de mes vêtements. Il y a deux raisons à cela. D’une part, je n’ai pas envie de servir bénévolement de femme-sandwich pour des enseignes que je n’apprécie pas plus que ça (c’est parfois différent avec des petites marques que j’ai envie de soutenir). D’autre part, et de façon plus importante peut-être, parce que je considère que le style ne se décompose pas en éléments. Ce n’est pas le fait de porter une robe X avec des chaussures Y et un collier Z qui va, en soi, faire une silhouette. Pas plus que l’argent que les différentes pièces ont pu coûter. Le style n’est pas l’addition des vêtements, ne serait-ce que parce que tout change en fonction de la personne qui les porte.

Je n’écris pas cela pour me poser en grande prêtresse du style – oh, loin de là ! Mais juste parce que c’est une affirmation/accusation que je vois fréquemment ressortir dans la blogosphère. L’idée, en somme, que sans moyens financiers importants, il est impossible de bien s’habiller. Juste une question, alors : comment faisait-on autrefois, avant le prêt à porter à bas coût ?

Impossible de prétendre que les femmes des années 30, 40 ou 50 n’étaient pas élégantes. Et pourtant, combien de robes possédaient-elles, à une époque où la couture se faisait principalement à la maison ou chez une petite couturière de quartier ? Une nouvelle toilette prenait du temps et, oui, plus d’investissement qu’aujourd’hui. Les femmes avaient donc des garde-robes moins fournies, mais généralement de meilleure qualité, et, surtout, qu’elles entretenaient attentivement. Plutôt que de racheter une nouvelle robe, elles prenaient soin de celles qu’elles possédaient déjà, ou les transformaient (on dirait aujourd’hui “customisaient”) pour suivre la mode : raccourcissement d’un ourlet, teinture d’une autre couleur, modification des garnitures… Et elles se lâchaient sur les accessoires.

Quelques actrices célèbres, et beaucoup d’inconnues stylées.

Les années 1940 ont évidemment été particulièrement ingénieuses dans ce domaine, en raison de la pénurie due à la guerre. Bas “teints” à même la jambe, chapeaux aux matériaux plus originaux les uns que les autres (tel ce turban en… paille, présenté à l’expo “Paris Haute Couture”, que je vous recommande chaudement), chaussures aux semelles de liège ou de bois, emprunts à la garde-robe masculine… Alors bien sûr, les femmes auraient aimé pouvoir porter des bas de soie et des escarpins en cuir. Tout comme elles auraient aimé boire du vrai café, ou avoir plus de sucre. Tout comme nous aimerions toutes porter de grandes marques. Bien sûr. Mais cela ne les empêchait pas de faire du neuf avec du vieux, de se boucler les cheveux et de les attacher avec un joli ruban, de trouver des façons seyantes de nouer leur écharpe, d’avoir du style, quoi. Et si elles étaient capables de le faire pendant la guerre, on devrait en être capable aussi, nous ! Non ?

Bonus à suivre sur le même sujet : la traduction maison des conseils de Marjorie Hillis pour se constituer une bonne garde-robe. Son livre Orchids on Your Budget date de 1937…

Ce mois-ci

Un mois frileux et enneigé, qui donnait assez envie de suivre l’exemple du chat et de rester sous la couette. Mais…

1. Du boulot. Beaucoup. En partie de celui qu’on peut faire chez soi, heureusement.
2. Des envies créatives, beaucoup aussi. Je me suis inscrite au swap créatif organisé par Armalite, et il va me falloir pas mal d’heures de travail pour réaliser le cadeau à envoyer à ma “swappée”, qui aime l’Art nouveau et le steampunk. Je mets Downton Abbey en fond sonore (c’est tout à fait raccord) et je ne vois pas passer les heures. Il va bientôt falloir que je trouve une autre série pour accompagner mes travaux de plume ou d’aiguille…
3. Mon hula hoopisme ne faiblit pas. Je viens même de me faire prêter un cerceau pour m’entraîner à la maison. Le chat désapprouve.
4. Des expos que je recommande sans réserve : “Hey!” à la Halle Saint-Pierre, et “Paris Haute Couture” à l’Hôtel de Ville. Prochaine sur ma liste, “L’ange du bizarre” à Orsay.

Et puis une rencontre pour finir le mois en beauté : celle de Zoetica Ebb, artiste/écrivain/photographe/fondatrice de Coilhouse (meilleur magazine du monde)/derrière le projet “The Secret Guide to Alternative Beijing“… entre autres. Je suis ses activités sur Internet depuis des années, sans espérer la croiser un jour, parce que Los Angeles, c’est loin. Merci à la Môme Néant (qui a pris cette photo) pour avoir organisé ce petit dîner et m’avoir ainsi permis de faire la connaissance de Zoetica en vrai ! S’en est suivi une visite des catacombes, où je n’avais jamais mis les pieds – attendant sans doute cette occasion.

Il manquait un peu de rats et d’éclairage à la bougie, mais on ne peut pas tout avoir…

 

GoB : Mara de Nudée

Elle devait bien y passer un jour… la charmante Mara de Nudée, l’une de mes effeuilleuses préférées pour sa grâce et son impertinence (sans parler du fait qu’elle est super jolie et gentille comme tout – y a pas de justice). Je me suis inspirée d’une photo d’Anthony Lycett (Self Styled London), où elle porte le costume de son numéro “Oh Marlene !”.

A l’expo “Hey!”, les collages en 3D d’Handiedan m’ont donné envie d’expérimenter un peu dans cette direction. Bien modestement pour l’instant ! Il me faudrait un autre type de carton pour essayer des choses plus élaborées. Là, je me suis contentée de redessiner la silhouette sur du carton pour un petit effet relief.